Les oméga 3, bons pour le cerveau ?

Le cerveau : l’organe essentiel régulant toutes les fonctions vitales. Il permet à l’Homme d’agir et de réfléchir grâce à l’interaction des neurones qui se comptent en milliard. Les neurones et les différentes cellules composant cet organe, doivent être en bonne santé pour optimiser le transfert d’informations. Une des experte Félice Jacka [1] effectuant des recherches sur le comportement lié à l’alimentation, nous expliquent que de plus en plus de problématiques surviennent dû aux carences alimentaires. Elles peuvent donc commencer dès la période de la grossesse. En effet, il suffit d’une mauvaise alimentation de la mère, pour entraîner un comportement émotionnel qui sera potentiellement plus difficile chez leurs enfants, par rapport à ceux nés de mères ayant une alimentation plus saine. Au fil de ses recherches, elle a démontré qu’il existait un lien incontestable entre l’humeur des enfants et leur alimentation, plus particulièrement lorsqu’un manque d’oméga 3 s’avère être présent, puisqu’ils sont essentiels pour notre organisme.

Quels sont les oméga-3 si essentiels pour l’organisme ?

Des acides gras polyinsaturés, l’une des familles d’acides gras. Ils regroupent les ALA (acide alpha-linolénique), les EPA (acide eicosapentaénoique) et les DHA (acide docosahexaénoïque). Notre corps ne les fabrique pas. C’est donc grâce à l’alimentation que nous les trouvons et qu’ils nous permettent d’avoir au fil de l’existence, un bon développement cellulaire et un bon fonctionnement de notre organisme. C’est d’ailleurs, pour cela qu’il est nécessaire, entre autres, d’avoir un apport plus important d’oméga 3 pendant les périodes de développement de l’enfant ainsi que celle de l’adolescence. Parmi ces différents acides gras polyinsaturés, l’ALA s’avère indispensable à notre bon fonctionnement. En effet sans lui nous ne pourrions pas synthétiser les EPA et les DHA. Or, ces acides gras sont les alliés de notre système cardiovasculaire, puisqu’ils contribuent à l’équilibre du bon cholestérol, en réduisant le niveau de triglycéride. Ils assurent ainsi le maintien de la souplesse des membranes cellulaires qui permettront cette meilleure connexion.

Sans les acides gras polyinsaturés, la construction du cerveau ne se fait pas correctement, son fonctionnement est altéré. En effet, la matière grise que l’on retrouve dans une partie de notre cerveau est elle-même composée de 90 % de graisses, or, celle-ci n’est pas fabriquée par notre organisme d’où l’importance d’un apport par l’alimentation. Cette matière grise nommée ainsi en raison de sa concentration d’amas de corps cellulaires et de neurones, primordiale dans le traitement d’information cellulaire. C’est pourquoi nous revenons toujours à la probabilité d’un manque de communication entre les cellules. Pouvant en déduire que l’échange pourrait être délétère, permettant d’établir un fait possible, que l’intelligence de l’enfant, pourrait être moins développée avec une alimentation carencée en nutriments.

Malgré ces informations, dans les pays industrialisés, la nourriture devient couramment une alimentation d’une nature ultra transformée, une grande partie de la population s’en nourrit dont les enfants. Démontrant indubitablement, qu’elle n’apporte pas les nutriments nécessaires dont les neurones ont besoins. Les nutriments, qu’est-ce que c’est ? Ce sont des substances fournies par l’alimentation, qui est utilisés pour la construction et le bon fonctionnement de l’organisme. Ils fournissent l’énergie et le matériel nécessaire dont nous avons besoin pour couvrir les dépenses et assurer le renouvellement cellulaire.

Après tout, pourquoi ne pas consommer cette alimentation ? Puisque dans cette vie active où les gens n’ont le temps de rien et certainement pas de s’alimenter…ce sont des produits faciles d’accès, avec des prix attractifs, ingérés rapidement, donnant envie d’être consommés ! Une facilité qui parait bien alléchante. Malheureusement, la plupart de ces aliments ne contiennent que très peu de nutriments, essentiels à la survie de notre métabolisme c’est à dire notre santé physique et mentale. Ils sont souvent une addition de sel-sucre-gras qui créent entre autres une appétence et une envie de re consommer ces produits régulièrement.

Une étude menée par Sophie Layé [2] sur des souris, démontre qu’une alimentation privée d’oméga 3 et riche en sucre ou en gras rendaient ce rongeur, certes angoissées, mais surtout plus stressées et nerveuses. La conclusion, de cette étude est que ce type d’alimentation a pour effet de réduire les neurones ainsi que les synapses, traduisant un impact sur la connectivité, modifiant leur structure. A contrario, le comportement des souris qui avaient reçu une alimentation équilibrée et diversifiée étaient tout à fait normale. Pour causes, les neurones nourris aux oméga 3 gèrent l’information plus vite, afin d’optimiser le réseau et qu’ils deviennent plus performant. En serait-il de même pour l’Homme ?

En naturopathie, un apport d’oméga-3 va être apporté par un apport alimentaire quotidien, d’huile végétale comme l’huile de colza, de lin ou moins connue mais la plus concentrée, de Perilla. Également de poissons gras comme le saumon, le thon, le maquereau ou bien encore d’oléagineux. Si cela n’est pas suffisant, une supplémentation sous forme de compléments alimentaires sera possible pour soutenir les différentes étapes de la vie.

[1] Felice Jacka directrices de “the Food and Mood Centre” avec the Deakin University School of Medicine in Geelong. She is also an honorary Principal Research Fellow with the Department of Psychiatry at the University of Melbourne.
[2] Sophie layé directrice de recherche à l’INRA : institut national de recherche agronomique.